
Depuis la fin du XVIIIe siècle, Cléopâtre n’a cessé de hanter l’imaginaire de la jeune république américaine. Reine d’Égypte devenue icône au pays de l’Oncle Sam, elle incarne tour à tour la puissance féminine, l’altérité raciale et la tentation du pouvoir absolu. Cette conférence explore comment la figure de Cléopâtre, importée de l’Antiquité, a servi de miroir aux tensions politiques et sociales de l’Amérique : des débats sur l’esclavage aux discours raciaux du Sud, mais aussi aux réappropriations afro-américaines de l’histoire égyptienne, où l’ancienne Égypte devient symbole de résistance et de fierté noire. De la presse sudiste aux récits d’anciens esclaves, des scènes théâtrales aux grandes séries hollywoodiennes, cette conférence cherche à montrer comment la reine antique Cléopâtre a permis à l’Amérique de penser le pouvoir, la race et la mémoire.
A propos du conférencier
Professeur certifié d’Histoire-Géographie et chargé d’enseignement en Histoire ancienne à l’Université Polytechnique Hauts-de-France, Charles Vanthournout prépare une thèse de doctorat à l’Université de Lorraine, sous la direction de Christian-Georges Schwentzel, consacrée à l’égyptomanie américaine entre 1767 et 1894. Mes recherches portent sur la réinterprétation anachronique de l’Égypte antique dans la société américaine, avant et après l’esclavage, en s’intéressant particulièrement à la manière dont les États-Unis — et plus spécifiquement le Sud esclavagiste — ont mobilisé l’image de l’Égypte pour penser la nation, la race et la mémoire de l’esclavage.
Il intervient régulièrement dans les médias, notamment The Conversation et Conflits, et a participé à des revues comme Antiquipop et Afrique, Égypte & Orient. Il a également contribué à l’ouvrage collectif Le Mystère Cléopâtre, publié à l’occasion de l’exposition éponyme à l’Institut du monde arabe. Par ailleurs, il collabore avec des revues américaines consacrées à l’histoire culturelle et à la réception de l’Antiquité.